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Point de vue sur Copenhague Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
21-12-2009
1- Que vous inspire le sommet de Copenhague qui vient de se terminer ? Echec ou succès ?

Copenhague est un échec pour Madagascar. Nous avons raté une grande opportunité car nous n’avons pas su défendre l’idée d’une responsabilité partagée entre les pays consommateurs et les pays producteurs par exemple en matière de trafic de bois de rose. Madagascar n’a pas eu de stratégie ni de capacité de négociation pour défendre nos politiques environnementales alors que notre programme environnemental 3 et notre charte de l’environnement prennent fin cette année. Les représentants du Gouvernement ainsi que les autres acteurs environnementaux ont adopté une logique de projet alors que la question environnementale ne doit pas être limitée à une simple vision sectorielle.

2- A l'échelle mondiale, croyez-vous que Madagascar puisse devenir un sanctuaire de la biodiversité ?

Il est difficile aujourd’hui de dire que Madagascar puisse devenir un sanctuaire de la biodiversité parce que la destruction de l’environnement est actuellement alarmante. Madagascar est en train de vivre les conséquences des demi-mesures et du manque de volonté politique, de transparence et de ligne directrice en matière foncière et d’exploitation de ses ressources.

D’après les scientifiques malgaches, il nous reste 10% de couverture forestière, 2/3 de la surface du pays seraient concernés par la dégradation des terres, le phénomène de « lavakisation » se propage à cause des exploitations illicites des pierres précieuses, la désertification s’étend également à la partie Ouest à cause des feux de brousse, une projection en 2050 prévoit une hausse de 1,6 à 2,6°C de la température, surtout dans le Sud du pays ». S’y ajoutent les Cyclones, les problèmes fonciers, l’insuffisance d’extension des terres arables, la pollution maritime etc…

Pour le parti Vert Hasin’i Madagasikara, il est vital aujourd’hui de mettre en place tous les moyens nécessaires pour une exploitation équitable des ressources.

3. La richesse du sous-sol malgache n'est-elle pas un obstacle à une politique environnementale à Madagascar ?

Tout dépend des mesures politiques appliquées et le parti Vert, conscient de son appartenance à la communauté humaine, conscient des erreurs qui pourrait anéantir notre civilisation estime que Madagascar doit avoir une ligne politique claire, juste et équitable qui protège et aide sa population face à l’égoïsme et l’exploitation de nos ressources ; il faut déterminer les ressources qu’on exploite pour en faire bénéficier surtout la population tout en respectant l’environnement. La richesse du sous-sol malgache ne devrait donc pas être un obstacle si les dirigeants ont la volonté d’appliquer une politique d’exploitation respectueuse du Malgache et de l’environnement.

4. Que pensez-vous de l'annonce faite par le président de la Transition d'organiser des élections législatives en mars 2010 ? Allez-vous présentez des candidats dans tout le pays ?

Le parti Vert est pour la tenue des élections législatives en 2010 et pour sa tenue avant les élections présidentielles pour éviter d’avoir une chambre basse mono représentative. Cependant, nous pensons que tenir ces élections au mois de mars est trop précipité. Qu’en est-il de la mise à jour des recensements ? Par ailleurs, plusieurs questions restent sans réponse quant à l’instauration de la Commission électorale nationale indépendante ou CENI. Nous proposons que le CENI possède son autonomie budgétaire et qu’elle soit le premier responsable dans l’élaboration de la machine électorale. L’idée d’instaurer la carte d’identité nationale biométrique est complètement inadmissible compte tenu des circonstances politiques que traverse le pays et de par son principe même qui viole le domaine personnel de chaque citoyen.

Pour ces élections, nous avons proposé de dépolitiser le gouvernement de Transition en choisissant le Gouverneur de la Banque Centrale de Madagascar comme Premier Ministre nommé par les mouvances et les sociétés civiles. A charge pour le Gouverneur de la Banque Centrale de constituer son gouvernement TECHNIQUE sans consulter aucun parti politique et en choisissant les membres au sein des milieux techniques, professionnels, universitaires et de l’Armée. Bien entendu, le parti Vert va participer activement à toutes les élections.

5. Où en est le parti Vert aujourd'hui ? Vous sentez-vous soutenu par la population ?

Au mois de Janvier 2010, nous allons tenir les primaires au niveau des districts en vue de la tenue de l’assemblée nationale. Le Parti Vert ne fait partie d’aucune des mouvances actuelles car nous estimons qu’elles sont de simples « colonies » asservies à leurs propriétaires. Le Parti mène une véritable et noble dialectique politique libérale et démocratique. Nous n’avons pas eu besoin de fournir grands efforts car « la conscience verte » se trouve entièrement dans la tradition, la culture, la racine même du Malgache qui a toujours eu d’énorme respect pour la Nature et son environnement.

Interview avec le quotidien La Réunion le lundi 21 Décembre 2009

 
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