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Golfe du Mexique : la marée noire persisterait sous les eaux Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
27-08-2010

Si ces dernières semaines, la marée noire, issue de la fuite du puits de BP, n'est pas visible en surface, elle n'aurait pas disparu pour autant. Des océanographes américains ont détecté une nappe de pétrole dans les profondeurs du golfe du Mexique.

L'équivalent de cinq millions de barils - près de 800 millions de litres - de pétrole ont été déversés dans le golfe depuis l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon (Louisiane) en avril, avant que la fuite du puits ait été stoppée début août. Le colmatage définitif du puits a, quant à lui, été repoussé à septembre.
Mais un nuage de pétrole provenant du puits de BP s'étend encore ''sur au moins 35 km à plus de 900 m de profondeur'', ont confirmé les océanographes américains de la Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI), un institut privé d'études océanographiques. Leurs travaux ont été publiés le 19 août dans la revue ''Science''. Le panache d'hydrocarbures mesure ''près de 2 km de largeur sur près de 200 m de hauteur''. Le gouvernement américain et BP affirmaient pourtant le 4 août venir à bout de cette marée noire. Pour rassurer la population, le président Barack Obama s'était même récemment baigné en Floride tandis que de nombreuses zones de pêche ont été rouvertes en Louisiane.

Les chercheurs de la WHOI ont réalisé, du 19 au 28 juin, plus de 57.000 analyses chimiques, à l'aide notamment d'un spectromètre de masse sous-marin, dans un périmètre de 5 km autour du puits. Avant d'être interrompus par l'Ouragan Alex, ils ont mesuré des concentrations de plus de 50 microgrammes d’hydrocarbures par litre et relevé la présence de benzène, de toluène, d'éthybenzène et de xylène. Des gouttelettes d'huile inodores et diffuses ont été prélevées. Cependant, ''nous n’avons pas déterminé le degré de toxicité'' du nuage de pétrole ''ni comment il s'est formé'', a souligné Christopher Reddy, géochimiste marin de l’équipe de recherche. Si les chercheurs ont observé que la bio-dégradation de ce pétrole était en cours grâce aux microbes vivant dans les grands fonds, le processus est relativement lent. Alors que le pétrole reste sous la surface, la température de l'eau y est plus froide, ce qui ralentirait le processus de dégradation. Le panache de pétrole pourrait ''subsister dans l'océan plus longtemps qu'on ne le pensait'', ont alerté les scientifiques. Des mois voire des années…? D'autant que la nappe se déplacerait ''à la vitesse de 0,27 km/h en direction du sud-ouest, vers les côtes mexicaines'', a précisé Richard Camilli, le chef de l’expédition scientifique.

Polémique autour du rapport de la NOAA
Après les océanographes de l'Université de Géorgie ayant estimé le 17 août que 79 % du brut se trouvait encore dans l'océan, les chercheurs du WHOI ont à leur tour contredit le rapport officiel présenté par l’agence océanique et atmosphérique américaine (NOAA), qui affirmait pourtant, il y a deux semaines, que les trois quarts du pétrole échappés du puits s'étaient évaporés, dispersés naturellement et/ou avaient été récupérés ou éliminés. 26% du pétrole seraient toujours dans l'eau, soit à l'état liquide, soit sous forme de résidus lourds au fond de la mer issus des brûlages localisés de la nappe, selon la NOAA. Or, d'après les experts de l'Université de Géorgie, seuls 8 % ont été dispersés, 6 % brûlés, 4 % dragués et 12 % évaporés. ''Une des principales erreurs est de penser que le pétrole qui s'est dissous dans l'eau a disparu et est de ce fait inoffensif'', a prévenu Charles Hopkinson, spécialiste de la vie marine à l'Université de Georgie. ''Le pétrole est toujours là, et il risque de prendre des années à se dissoudre complètement. Nous sommes encore bien loin d’avoir évalué tous les impacts possibles de la catastrophe'', a-t-il ajouté. Selon l'équipe scientifique, un autre nuage de pétrole se dirigerait vers la Floride et serait ''cinq fois plus important'' que celui analysé par les océanographes de la WHOI.

Quels impacts environnementaux ?
La question de l'impact environnemental causé par quatre mois de marée noire demeure entière. Tout comme celui des 7 millions de litres de produits chimiques utilisés pour la disperser. Des chercheurs de l'Université de Floride viennent de souligner les effets du pétrole sur la biodiversité, dans une étude préliminaire. Ils ont constaté un impact sur la santé du phytoplancton ''entre 275 m et un millier de mètres de profondeur''. Ils ont par ailleurs découvert des dépôts microscopiques de pétrole dans le sol d’un canyon sous-marin, proche de Panama City, en Floride. Là, où s'était d'ailleurs baigné Barak Obama… De son côté, Samantha Joye, de l’Université de Georgie, entend évaluer l’impact du méthane, échappé aussi du puits. La scientifique appréhende l'apparition de zones mortes provoquées par le méthane, en raison du manque d’oxygène, ce qui asphyxie et tue les créatures marines.

La publication de ces études scientifiques intervient alors que les Etats-Unis et le Mexique ont annoncé le 20 août ''vouloir réaliser conjointement une première évaluation de l'impact environnemental de la marée noire''. Si les autorités des deux pays ont prévu de se rencontrer fin septembre ''pour préparer cette étude'', l'organisation écologiste Greenpeace vient de lancer une expédition scientifique de trois mois pour mesurer les impacts de la marée noire et des dispersants chimiques sur la vie marine et sous-marine du golfe. L'agence américaine de protection de l'environnement (EPA) assure pour sa part que ''les mélanges dispersants ne sont généralement pas plus toxiques pour les espèces aquatiques testées (une espèce de crevette et de petits poissons, ndlr) que le pétrole seul''.

Rachida Boughriet

 
L'opposition inquiète après le meurtre d'un responsable du Parti démocratique vert Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
15-07-2010

Le corps d'une grande figure de l'opposition rwandaise a été retrouvé, mercredi 14 juillet 2010, la tête tranchée, quasiment décapité, près de sa voiture, dans le sud du pays. André Kagwa Rwisereka, vice-président du Parti vert démocratique, était porté disparu depuis la veille.

André Kagwa Rwisereka avait reçu des menaces de mort tout comme le président de son parti. Le Parti démocratique vert, créé il y a un peu moins d'un an, rassemble des transfuges du FPR, le Front patriotique rwandais au pouvoir depuis 1994. Mais le mouvement n'a jamais réussi à obtenir sa légalisation, ce qui l'a empêché de présenter un candidat à l'élection présidentielle du 9 août prochain. Très critique à l'égard du régime de Paul Kagamé, le Parti vert dérange manifestement les autorités. A sa création le leader du Parti vert avait expliqué que l'objectif était de mettre fin à la peur des Rwandais et d'arrêter un système où les idées d'une seule personne ou d'un seul parti dirigent le Rwanda.

Des sources indiquent qu'André Kagwa Rwisereka, propriétaire d'un restaurant bar à Butaré, critiquait le régime et sensibilisait les étudiants qui fréquentaient son établissement. Ces derniers mois de nombreux observateurs constatent une radicalisation du pouvoir rwandais qui refuse d'ouvrir tout espace à l'opposition et étouffe la liberté d'expression. Les journalistes sont devenus des cibles : l'un d'entre eux a été tué le mois dernier. Et dans l'armée des hauts gradés ont été mis aux arrêts. L'ancien chef d'état-major, le général Kayumba, parti en exil, a fait l'objet tout récemment d'une tentative d'assassinat en Afrique du Sud.

Par RFI

 
La déforestation en Amazonie fait exploser les cas de paludisme Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
18-06-2010

WASHINGTON (AFP) - La déforestation des forêts tropicales au Brésil a entraîné une augmentation de près de 50% de l'incidence du paludisme dans les zones affectées indique un rapport de chercheurs américains publiés mercredi.

Cette étude est basée sur des informations détaillées de la fréquence des cas de paludisme dans 54 districts sanitaires brésiliens prélevées en 2006 combinées à des images haute définition prises par des satellites de la Nasa qui indiquent l'étendue du déboisement en Amazonie.

"Il apparaît que la déforestation est un des facteurs écologiques initial pouvant déclencher une épidémie de paludisme", relève Sarah Olson, du Nelson Institute de l'Université du Wisconsin (nord), principal auteur de ces travaux parus dans l'édition en ligne du journal des CDC sur les maladies infectieuses émergeantes.

Les vastes coupes claires pratiquées dans les forêts tropicales créent des conditions qui favorisent l'essor du moustique anophèles darlingi, l'un des principaux vecteurs de transmission du parasite responsable du paludisme en se nourrissant de sang de personnes infectées, explique-t-elle.

"Les espaces déboisés, plus ouverts avec des étendues d'eau baignées de soleil paraissent constituer un habitat idéal pour ce moustique", ajoute cette scientifique. Elle note que l'Anopheles darlingi fait s'éloigner d'autres types de moustiques qui préfèrent la forêt et transmettent beaucoup moins le parasite du paludisme.

La combinaison les données sanitaires et des images satellites montrant les changements du couvert forestier dans une zone de l'Amazonie proche de la frontière avec le Pérou révèle l'impact étendu sur la santé humaine de changement relativement modeste de l'environnement forestier.

"C'est ainsi qu'une diminution de 4% du couvert de la forêt a été lié à une augmentation de 48% de l'incidence du paludisme dans ces 54 districts sanitaires", souligne Sarah Olson.

Les districts sanitaires étudiés dans la recherche de l'Université du Wisconsin sont très représentatifs d'un grand nombre des milliers d'autres que compte le Brésil et en particulier l'Amazonie.

Depuis 2001, le Ministère brésilien de la Santé a de façon similaire surveiller et traiter le paludisme dans plus de 7.000 districts sanitaires du pays.

La déforestation dans ces districts se produit typiquement comme ailleurs en Amazonie, le plus souvent à proximité des rivières, épine dorsale du système de transport, et s'étend ensuite au-delà.

"Le message de cette recherche est que la conservation de la forêt tropicale pourrait être bénéfique à la santé humaine beaucoup plus qu'on ne le réalisait", observe Sarah Olson.

"Une bonne gestion des espaces montre des effets prometteurs comme mesures utiles pour réduire les facteurs de risque d'infection avec le parasite du paludisme", ajoute-t-elle.

Les auteurs de ce rapport pensent que ces travaux fournissent un modèle pouvant être utilisé pour traquer les facteurs de risque environnementaux et l'incidence du paludisme qui a touché quelque 500.000 Brésiliens annuellement dans tout le bassin de l'Amazone entre 1997 et 2006.

AFP

 
Vers une catastrophe écologique … ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
03-05-2010

On en parle, mais personne, surtout le grand public, n’est au courant de ce qui se passe réellement autour de ce projet de grande envergure, puisqu’on dit que c’est la plus grande mine au monde en ce qui concerne l’extraction du cobalt et du nickel.
Au retour d’un reportage à Toamasina, ayant remarqué à l’aller l’existence entre Moramanga et le Grand Port de nombreuses pistes débouchant sur la RN2, dont certaines portent la mention « access road », nous avons appris auprès des riverains qu’il s’agit effectivement des pistes d’accès destinées à la pose des « pipe-lines » du Projet Ambatovy. Lesquelles « pipe-lines » serviront à drainer ces produits de la mine d’Ambatovy, jusqu’au Port de Toamasina.

Voulant en savoir un peu plus, nous avons décidé d’emprunter au hasard l’une de ces pistes, celle se situant à une soixantaine de kilomètres de Toamasina. Et au bout de 5 km d’une très belle piste recouverte de gravillons, à faire palir de jalousie toutes les communes rurales de l’Ile, nous voici à l’intersection de la piste et du tracé des « pipe-lines ». Evidemment, point de « pipe-lines » puisqu’elles ont déjà été enfouies sous terre. Par contre, nous avons été sidérés par le travail de titan qu’il a fallu entreprendre pour permettre l’enfouissement de celles-ci : des montagnes carrément décapitées ou scindées en deux, des forêts massacrées, … laissant la place à de haut et vertigineux talus de remblais. Nous avons voulu emprunter la piste qui suit le tracé, mais impossible, puisque, contrairement à la première, elle est très glissante et très boueuse (notre 4x4 n’a même pas pu faire 20 mètres). Nous avons essayé d’atteindre à pied le sommet du premier talus. Et là, consternation !
D’après notre constatation, le talus a déjà glissé à plusieurs reprises. Mouvement qui n’est pas près de s’arrêter puisque, avec le fameux crachin d’hiver de cette région Est, des ravines et des affaissements dechirent déjà les façades des talus. Conséquences immédiates qu’on peut voir en contre-bas, dans les bas-fonds : des rizières et des ruisseaux enfouis sous terre comme les « pipe-lines » ! À la grande désolation des riverains paysans qui s’inquiètent de leur avenir sans…eau ni rizières. Sans parler des rivières, qu’on peut voir de la RN2, polluées par de la boue !

 
Soulèvement global contre l'accaparement des terres Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
22-04-2010

Les mouvements sociaux dénoncent la stratégie de la Banque mondiale concernant l’accaparement des terres

Le 26 avril 2010, la Banque mondiale ouvre une importante conférence de deux jours à son siège à Washington. À la table seront assis des gouvernements, des bailleurs de fonds, des chercheurs, des PDG et des organisations non-gouvernementales. Et de quoi vont-ils discuter principalement? De définir comment profiter au mieux des masses d’argent fraîchement mobilisées pour permettre à l’agrobusiness de s’installer sur d’immenses zones agricoles dans les pays en développement, en particulier en Afrique. La Banque qualifie ces acquisitions foncières d’“investissements agricoles”. Les mouvements sociaux préfèrent parler d’“accaparement des terres”.

À l’occasion de cette réunion, la Banque va publier une étude très attendue sur cette nouvelle tendance que constitue l’accaparement. Elle ne se contentera pas d’évaluer combien d’hectares font l’objet d’achats et de ventes, où, pourquoi et par qui, mais elle va aussi présenter sa propre solution pour répondre aux risques et aux inquiétudes soulevés par ces investisseurs étrangers - depuis George Soros au fonds souverain libyen, en passant par le géant des télécoms chinois ZTE – qui s’emparent des terres agricoles à l’étranger, pour y produire de la nourriture destinée aux exportations. La banque va ainsi avancer une série de “principes” que les acteurs seront censés appliquer. La FAO, la CNUCED et le FIDA ont accepté de soutenir la Banque et de l’aider à promouvoir ces “principes”.

La Vía Campesina, FIAN, Land Research Action Network et GRAIN ont rédigé une déclaration commune expliquant comment l’initiative de la Banque ne servira qu’à favoriser davantage la ruée sur les terres et pourquoi elle doit être bloquée. Plus d'une centaine d'autres organisations et de mouvements sociaux se sont officiellement associés à cette déclaration en tant que co-sponsors. Aujourd’hui et dans les jours qui viennent, de nombreux groupes feront entendre leurs protestations contre l’accaparement des terres et expliqueront que, pour nourrir notre monde, il est indispensable de soutenir l’agriculture familiale qui est fondée sur la communauté et produit pour les marchés locaux et régionaux, et non l’agriculture industrielle qui ne profite qu’à l’agrobusiness.

Nous invitons tous les groupes intéressés à nous rejoindre et à faire part de leur propre expérience.

Source:GRAIN
 
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